Cette valeur est calculée selon un barème d’évaluation fiscale qui tient compte de l’âge de l’usufruitier. Entre 51 et 60 ans, elle est de 50 % de la valeur du bien en pleine propriété, entre 61 et 70 ans, de 40 %, et ainsi de suite. Ce barème sera également utilisé en cas de vente, afin de répartir le prix entre le donateur conservant l'usufruit et le nu-propriétaire.
Comment s’organisent les relations entre usufruitier et nu-propriétaire ?
L’usufruitier, donateur dans le cadre d'une donation avec réserve d'usufruit, doit, de manière générale, se comporter comme le ferait un propriétaire normal, en veillant à entretenir les biens dont il a l’usufruit. En matière immobilière, seules les grosses réparations qui ont, en pratique, un caractère exceptionnel, demeurent à la charge du donataire.
Il doit aussi supporter les charges fiscales, par exemple, la taxe d’habitation et des taxes foncières pour un logement qu’il occupe. Il est possible de modifier la répartition normale des charges par une convention d’usufruit. Florence de GRAEVE, notaire à MORIERES LES AVIGNON, vous conseillera peut-être d’en établir une, dans le but de prévenir des difficultés par la suite.
Peut-on conserver la nue-propriété et donner l’usufruit ?
Plus rare, la donation d’usufruit peut s’avérer très utile. Par exemple, dans le but de financer les études de sa fille, un père peut lui donner l’usufruit d’un bien locatif, pour une durée déterminée. L’étudiante touchera les loyers, ce qui allège l’impôt sur le revenu de son père. Dans ce cas précis, l'usufruitier est donataire, le nu-propriétaire est donateur.
En règle générale, qu'il s'agisse de donation avec réserve d'usufruit ou de donation d'usufruit, cette opération a de nombreuses répercutions sur le plan fiscal comme sur celui de l'héritage, il est donc conseillé de se faire accompagner par un bon professionnel dans le domaine patrimonial, avant d'initier quelque démarche officielle que ce soit. Le notaire compétent en droit de la succession fait partie de cette catégorie, bien évidemment.
Quel est le montant des frais de notaire concernant une donation avec réserve d'usufruit en France ?
Cette question est souvent posée, "combien cela va-t-il me coûter ?". Elle est légitime, sachez cependant qu'une opération de partage de patrimoine qui utilise l'effet, sur le plan fiscal de l'acte de donation avec usufruit, est particulièrement bénéfique aux héritiers. Ainsi, il est toujours conseillé de se pencher sur le bénéfice fiscal global obtenu par cette méthode, plutôt que sur son coût immédiat en étude de notaire.
Pour donner une réponse précise, il s'agit d'émoluments dont le calcul est règlementé, le notaire ne choisit pas lui-même à combien s'élèveront les frais pour une donation avec réserve d'usufruit, et ils fonctionnent par tranche successive, un peu comme le barème des impôts :
- 4,931% de la différence entre la valeur du bien et celle de l'usufruit, pour les biens de 0 à 6500 euros
- 2,034% de la différence sur les biens de 6500 euros à 17 000 euros
- 1,356% de la différence pour les biens de 17 000 euros à 60 000 euros
- 1,017% de la différence concernant les biens de plus de 60 000 euros.
En fonction de la valeur totale, il s'agira par conséquent d'appliquer le pourcentage de manières successives par addition, pour chaque tranche concernée.
Il faudra rajouter à ces frais les émoluments strictement liés à l'acte (67,92 TTC), et d'inventaire (90,55€ TTC).
Particularités de la donation-partage avec usufruit d'une entreprise
Le chef d'entreprise peut également décider via son notaire de ne transférer que le minimum de la propriété de l'entreprise et d'en conserver l'usufruit.
En cas de décès de la personne qui a fait la donation, l'usufruit s'arrête et le donataire devient pleinement possesseur de l'entreprise, sans avoir à payer d'impôts supplémentaires.
Dans le cadre de la transmission d'une entreprise, qui doit impérativement être réalisée en cabinet notarial, la donation-partage avec réserve d'usufruit permet donc également de réduire drastiquement les frais de transmission.
La donation-partage de l'entreprise et ses avantages
Cette opération permet d'anticiper le processus de règlement de la succession du chef d'entreprise et de répartir les parts à son initiative, et sous son autorité.
Les frais et charges sont généralement couverts par le donateur et ne sont pas considérés comme une donation supplémentaire déductible des impôts. Le rôle de conseil du notaire en l'espèce est primordial.
Cela permet également d'éliminer le droit de partage de 2,5% à régler à l'État, habituellement imposé dans le cadre des successions lorsqu'elles sont partagées entre les héritiers.
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Il est par ailleurs peu probable que les héritiers contestent le partage, car ils ont explicitement donné leur accord. Il s'agit d'une condition préalable à la légitimité de donation selon la loi.
La donation-partage peut être adaptée et peut concerner la totalité ou une partie de l'entreprise. Un conjoint peut être impliqué dans cette procédure.
L'avantage est également de pouvoir s'assurer que les biens transmis soient évalués à la date de l'acte de donation et non calculés au moment du décès du donateur. Cela évitera les conflits familiaux entre les enfants en cas de décès, ainsi qu'une éventuelle appréciation de l'entreprise susceptible d'augmenter le montant des droits à régler.